mercredi 5 décembre 2012

Communiqué de Justice & Libertés: Nazis dehors


            
           Communiqué
         Strasbourg, le 5 décembre 2012

                                             Nazis dehors
                   
Le groupuscule néonazi «Jeunesses Nationalistes Alsace» annonce l’organisation d’une rencontre militante, dimanche 16 décembre à 14 h 30, avec deux néonazis notoires Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti.

Qui est Alexandre Gabriac ?
Selon le blog collectifvigilance 69, «Gabriac adhère au FNJ (Front National Jeunesse) en 2004, à l’âge de 13 ans. En août 2009, il est nommé secrétaire régional du FNJ en Rhône-Alpes. En mars 2010, il est élu conseiller régional et en été 2012, il rend publique son adhésion aux Jeunes avec Gollnisch. Le 16 janvier 2011, il est élu au Comité central du Front national. Le 15 octobre 2011, il crée les Jeunesses nationalistes à Lyon, lors du Forum de la nation, avec Pierre Sidos, président de l’Œuvre française, André Gandillon, directeur de Militant, Jérôme Bourbon, directeur de Rivarol, Alberto Torresano, de la Phalange Espagnole. Le symbole des JN n’est rien moins qu’un aigle avec une couronne de laurier.»

De son côté, Alexandre Gabriac a été exclu du Front national en avril 2011, après diffusion d’une photo le montrant en train de faire le salut nazi.

L’organisation néofasciste «Jeunesses nationalistes», composée exclusivement d’éléments à l’idéologie fasciste, représente la partie ouvertement d’extrême-droite que le Front national, pour tenter de se faire une respectabilité, ne peut plus ouvertement revendiquer.

La présence d’Alexandre Gabriac à Strasbourg a pour objectif de renforcer les «Jeunesses nationalistes» en Alsace. Au même titre que le Front national, les «Jeunesses nationalistes» représentent un vrai danger pour les libertés démocratiques, le progrès social, la République et l’Etat de Droit. C’est pourquoi, nous appelons nos concitoyens à la plus grande vigilance.

Pour l’instant, nous ne savons pas où se tiendra la réunion-débat des «Jeunesses nationalistes». Aussitôt que le lieu sera connu, nous vous inviterons à un rassemblement pour dénoncer sa tenue.

                                                                          Comité de vigilance

Communiqué de Justice & Libertés. L'UMP: le naufrage



              Communiqué

                               Strasbourg, le 04 décembre 2012

              L’UMP : le naufrage

Voici ce que nous écrivions dans le bulletin 49 de novembre- décembre 2012 : «Il y a du travail à l’UMP. Saura-t-elle revenir au bercail républicain ou continuera-t-elle à courir derrière le FN ? (…) Un sombre avenir attend l’UMP.»

En ce qui concerne le collectif Justice & Libertés, et ce depuis plus de huit ans, nous avons mis en garde contre le flirt de l’UMP avec l’extrême droite. Dans un article intitulé «Jusqu’où ira l’extrême droitisation de l’UMP» (Bulletin n° 40-avril 2011) nous avons écrit : «Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, Gérard Longuet- qui a participé à la rédaction du programme du Front national et de la charte du GUD-Brice Hortefeux, Eric Besson, Claude Guéant, Chantal Brunel, la trentaine de députés du «collectif de la droite populaire» de l’UMP, ouvertement racistes, ça fait un paquet à la tête de l’Etat. Peut-on encore qualifier cette «tête » de républicaine ? La question mérite d’être posée».

Copé ou Fillon ? Les deux protagonistes ne manquent pas une occasion de se réclamer de l’«héritage» de Sarkozy.

Voici quelques exemples de cet héritage : violence à l’égard des corps intermédiaires, culpabilisation des salariés, attaque systématique des acquis sociaux, orientation des flux financiers vers les ultra riches, ceux-là même qui veulent résider à l’étranger pour payer encore moins d’impôts, alors qu’ils en payent beaucoup moins que le commun des mortels en pourcentage de leurs revenus. Ces héritages sont autant de marques de la période sarkozyste dont sont fiers les deux protagonistes qui souhaitent s’approprier la présidence de l’UMP.

Au lieu d’être garant de la Constitution, Nicolas Sarkozy a prêché pour les «racines chrétiennes de la France». C’est encore lui qui a diffusé un climat de tension et de haine au sein de l’Etat et dans la société française en insistant sur l’«identité nationale» ou en stigmatisant constamment les étrangers, les chômeurs, les jeunes, les retraités, les fonctionnaires, les Musulmans et les Roms dans son discours de Grenoble du 30 juillet 2010. Lors de la campagne présidentielle, il a même dépassé les bornes en voulant célébrer, à l’instar de Pétain, la «vraie fête du travail».

Arriva ce qui devait arriver : «La droite française n’a plus de colonne vertébrale idéologique, elle est ouverte aux quatre vents»(1).

L’ombre de Patrick Buisson, ce transfuge de l’extrême- droite et ancien conseiller de Nicolas sarkozy, plane toujours au-dessus des rivaux pour la présidence de l’UMP. Ainsi, la «Droite forte» copéiste et la «Droite sociale» filloniste s’inspirent de Patrick Buisson.

Pourtant, si on en croit Françoise Fressoz(2), l’ex-premier ministre veut «défendre le rassemblement de la droite et du centre, les valeurs républicaines, le service de l’intérêt général». Toujours selon la journaliste, il [François Fillon] refuse la droitisation de l’UMP commencée par Nicolas Sarkozy. Or, la situation est vraiment confuse et François Fillon ne s’est jamais démarqué de l’ère Sarkozy. Une clarification s’impose.

Le naufrage de l’UMP dans la vase de l’extrême droite est la conséquence logique d’un parti politique qui a perdu son âme républicaine.

                                                                        Comité de vigilance

(1)  Nicolas Lebourg- Politis du 29 novembre au 5 décembre 2012.
(2)  Le Monde du 1er décembre 2012.

samedi 24 novembre 2012

Communiqué de Justice & Libertés


                   Appel au rassemblement                                                                                                   

Non à l’homophobie. Oui à l’égalité pour tous

Depuis le lancement du débat sur le «mariage pour tous», les forces réactionnaires et homophobes de tous bord- les catholiques intégristes, les traditionnalistes, la conférence des évêques, l’extrême droite - ont trouvé l’occasion de s’opposer au progrès social.

CIVITAS, institut intégriste qui, selon ses propres termes, est «engagée dans l’instauration de la Royauté sociale du Christ sur les nations et les peuples en général, sur la France et les Français en particulier» s’agite par-ci, par-là pour distiller la haine de l’autre, en particulier la haine de nos concitoyens homo et lesbiennes. Son président, Alain ESCADA, organise, mercredi 28 novembre, salle Mozart à Strasbourg, une conférence débat pour dire : Non au « mariage homosexuel ; non à l’adoption d’enfants par les homos.»

Pour Justice & Libertés, la conférence homophobe de CIVITAS est une menace pour le vivre ensemble.

Afin de dénoncer le caractère réactionnaire et intolérant de la conférence, nous appelons nos camarades disponibles ainsi que tous les démocrates, anti-intégristes, antifascistes et citoyens épris de liberté à se rendre devant la :


Salle Mozart- 1, Rue du Miroir (place Gutenberg- rue Gutenberg- rue du Miroir, à côté du chausseur Méphisto)
               Mercredi 28 novembre- 20H

                                                                   Comité de vigilance

mardi 23 octobre 2012

Manifestation contre l'organisation homophobe Alliance VITA

Strasbourg, mardi 23 octobre, place Kléber.
Manifestation pour dénoncer l'homophobie de l'association Alliance VITA.

lundi 24 septembre 2012

Communiqué de presse de LATCHO ROM



LATCHO ROM
Communiqué de presse
Les associations engagées à Strasbourg pour défendre les droits des Roms regrettent le maintien des démarches d’expulsions en cours, réitèrent leur demande d’arrêt de la procédure d’expulsion et exigent des solutions globales et durables.

 Un mois après la première audience au tribunal, saisi par la Ville de Strasbourg en vue de l’expulsion des familles Roms de Strasbourg, nous constatons qu’aucune  avancée significative n’a été réalisée en vue d’une amélioration réelle et durable de la situation de ces familles. Après un troisième report, obtenu grâce à la détermination des associations et à la demande de l’avocat des familles, un nouveau jugement aura lieu le 2 octobre prochain à 9h au TGI de Strasbourg.

 Aujourd’hui, l’association et collectif Latcho Rom, créée en juin dernier, rassemble de plus en plus de personnes et d’associations, engagées dans un objectif commun : la lutte contre la discrimination, la défense et l’aide aux populations Roms et la recherche de solutions humaines, globales et durables.
 Les associations engagées autour de Latcho Rom et auprès des populations Roms, regrettent que les démarches d’expulsions en cours auprès du tribunal soient maintenues et réitèrent leur demande de stopper les procédures d’expulsion dans l’attente de l’identification de solutions alternatives. A la grande précarité dans laquelle vivent les familles Roms à Strasbourg s’ajoutent l’angoisse et la peur du lendemain.

 Les associations, réitèrent leur demande de constitution d’un groupe de travail en vue de faciliter l’échange d’informations et l’identification de solutions adaptées et globales (logement, activité, formation, scolarisation,…). Nous sommes convaincus que la mise en place d’un dialogue structuré entre tous les acteurs impliqués, Municipalité, Etat, Europe, associations locales, populations Roms elles-mêmes, permettra d’améliorer la situation de manière durable.

Pour Latcho Rom :

Arpomt / Cercle Menachem Taffel / Changer d’R / CIMADE / Collectif SDF Alsace  Emmaüs Mundolsheim / Les enfants de Sancho Panza / Médecins du Monde Strasbourg / Comité de Strasbourg du MRAP. 
Secours Populaire–Fédération du Bas Rhin / UJFP Alsace / AMSED / Collectif Justice et Libertés.
Strasbourg, le 24 septembre 2012.

jeudi 30 août 2012

Appel d'associations strasbourgeoises



Après Lille, Lyon et Paris… Strasbourg ? Non !
Appel d’associations strasbourgeoises

Deux ans après le honteux « discours de Grenoble », peu de choses ont changé semble-t-il pour les 15 à 20 000 Roms migrants qui vivent en France. En ce mois d’août 2012, alors que beaucoup profitent tranquillement de leurs vacances, les expulsions s’enchaînent, de Lyon à Lille en passant par Paris, attirant une nouvelle fois l’attention de la Commission européenne qui veut lutter contre les « expulsions arbitraires et les traitements discriminatoires ».
Le changement du 6 mai dernier a fait naître de nombreux espoirs, y compris chez les Roms qui ont souffert de la politique de Nicolas Sarkozy et de la stigmatisation qui en a découlé. Cent jours à peine après l’élection de François Hollande, les interrogations sont cependant nombreuses… Les incertitudes aussi. Car lorsqu’on vit avec la crainte d’être expulsé à tout instant ; lorsqu’on ne peut, malgré tous ses efforts, accéder à l’emploi ; lorsqu’on se heurte aux préjugés, le quotidien n’est alors fait que d’incertitudes.
Cette situation ne peut plus aujourd’hui être tolérée en Europe, une Europe bâtie au lendemain de la Seconde guerre mondiale pour assurer la paix et la prospérité sur un continent dévasté. Parmi les valeurs fondatrices de cette Europe se trouvent le respect des droits de l’homme et la non-discrimination. Parmi les principes qui ont dirigé la construction européenne depuis lors, se trouve la libre circulation. La libre circulation des personnes notamment. Comment alors, plus d’un demi-siècle  après l’adoption de la Convention européenne des droits de l’homme et du Traité de Rome, accepter que des citoyens européens soient ainsi  traités?
Les expulsions ne règlent aucun problème. Certes, les terrains sont débarrassés de leurs occupants indésirables. Mais ceux-ci n’ont alors d’autre choix que d’aller s’installer un peu plus loin, sur un autre terrain, dans l’attente d’une autre expulsion. L’aide au retour n’apporte pas plus de solution. C’est un dispositif coûteux et inefficace, puisque nombre de personnes en ayant bénéficié reviennent peu de temps après. Pourquoi ? Car malgré la précarité de leurs conditions de vie en France, l’espoir d’une vie meilleure, pour elles et leurs enfants, reste plus grand que dans leur pays d’origine.
LA solution à la question de l’intégration des populations Roms n’existe pas. Il est néanmoins possible d’apporter DES solutions. Au niveau national, un travail de fond doit être mené pour lutter contre les stéréotypes et mieux connaître et comprendre l’histoire de ces populations. A plus court terme, le régime transitoire et discriminatoire concernant l’accès à l’emploi des Roumains et des Bulgares doit aussi prendre fin. Au niveau local, des réponses concrètes aux problèmes du quotidien (logement, santé, scolarisation, formation) doivent être apportées par les collectivités en étroit partenariat avec la société civile et les populations concernées, et avec le concours de financements européens comme le FEDER ou le FSE.
Hier, le gouvernement a fait un premier pas en ce sens en annonçant la suppression de la taxe qu’un employeur doit payer à l’OFII et l’élargissement de la liste des métiers accessibles aux ressortissants roumains et bulgares. Mais cela n’est pas suffisant et une stratégie plus globale doit être élaborée en étroite coopération avec les représentants de ces populations, la société civile et les collectivités territoriales. Surtout, les expulsions doivent cesser en attendant que des alternatives satisfaisantes puissent être proposées. Les expulsions sont synonymes d’angoisse pour les familles et ne font que repousser le problème un peu plus loin.
A Strasbourg, les habitants de 4 sites ont été assignés en référé par la ville. L’audience est prévue mardi 28 août 2012 à 9h. Presqu’un an après le Sommet des Maires sur l’intégration des populations Roms organisé par le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe, en partenariat avec la Ville de Strasbourg, l’on est en droit d’attendre une autre politique de la part de la « capitale européenne des droits de l’homme ».
Ainsi, nous, associations présentes auprès des familles Roms au quotidien (Médecins du Monde, Emmaüs, Arpomt, Cercle Menachem Taffel, Latcho Rom) appelons la Ville de Strasbourg à ne pas donner suite aux procédures d’expulsions en cours et à mettre en place un dialogue structuré en vue de trouver des solutions durables et satisfaisantes pour tous. Des contacts en ce sens sont en cours et nous espérons un aboutissement rapide.
La valeur d’une société se mesure sans aucun doute à la manière dont elle s’occupe de ses groupes les plus vulnérables… Montrons l’exemple à Strasbourg !
Strasbourg, le 23 août 2012
Médecins du Monde-Strasbourg, Emmaüs Mundolsheim, Arpomt, Cercle Menachem Taffel, collectif Justice & Libertés, Latcho Rom.

lundi 7 mai 2012


    Editorial du bulletin n° 40-avril 2011
  




Jusqu’où ira
L’extrême droitisation de l’UMP?

  Manœuvres électoralistes ou lame de fond?

Les résultats des cantonales marquent l’échec cuisant des tentatives de Nicolas Sarkozy et de la fraction «collectif de la droite populaire», l’aile extrême droite de l’UMP, de vouloir banaliser le Front national et ses thématiques afin d’en faire un allié.

La banalisation des thématiques de l’extrême droite a commencé bien avant les présidentielles de 2007. Mais elle a pris une tournure radicale le 30 juillet 2011, lorsque Nicolas Sarkozy a désigné les Roms et les gens du voyage à la vindicte populaire. Le débat sur «l’identité nationale» ou autres provocations de ce genre n’ont pas réussi à diviser les Français dont le chômage est la première priorité (87%), devant l’insécurité (49%) (Le Monde du 04/01/2011).

Les cantonales 2011 montrent bien que l’électorat de droite- en se détournant de l’UMP- est conscient que la xénophobie et le racisme d’Etat ne sont pas la réponse à leurs problèmes économiques et sociaux. Pour Yazid Sabeg, membre de l’UMP et commissaire à la diversité et à l’égalité des chances : «aux questions de fond telles que l’emploi des jeunes, la lutte anti-ghetto ou l’accès équitable à l’éducation et à la formation se sont substitués des pseudo-débats centrés sur ce qui serait une confrontation de l’islam avec la laïcité. C’est comme si désormais la crise de nos sociétés ne pouvait s’expliquer qu’à travers la figure des musulmans» (Le Monde du 02 mars 2011).

Une autre preuve du désintérêt des Français pour les discours racistes. L’intense tapage médiatique autour de Marine Le Pen, n’a pas empêché la baisse du vote en faveur du Front national qui perd 100 000 voix par rapport à 2004. Même l’Elysée n’est pas satisfait des performances du FN. «Le FN n’a pas transformé l’essai» explique Franck Louvrier, conseiller en communication de l’Elysée (Le Monde du  29 mars 2011).

Après la déroute de l’UMP aux cantonales, les tensions se sont exacerbées entre les ténors de la droite. Pour Dominique de Villepin «La tentation du côté de l’UMP, ce serait de redessiner en quelques jours une France aux couleurs du FN, c’est évidemment absurde.» (DNA du 25 mars 2011).

En public, le torchon brûle entre François Fillon, premier ministre, et Jean-François Copé, patron de l’UMP, en danger d’implosion.

A entendre Claude Guéant, ministre de l’intérieur, tout indique que la machine de l’extrême droitisation de l’UMP s’est emballée. Politiquement, il serait dangereux de vouloir limiter les sorties racistes de Nicolas Sarkozy et de ses lieutenants à des manœuvres purement électoralistes. Ce sont de véritables convictions qui sortent de la bouche de Nicolas Sarkozy et de ses proches.

Que pense Nicolas Sarkozy de l’histoire de France? Le 4 mars, au Puy-en-Velay, Nicolas Sarkozy a insisté sur les racines chrétiennes de la France, citant le baptême de Clovis comme date de naissance de celle-ci. Ces propos, partagés par Jean-Marie Le Pen et le Front national, sont contestés par M. Rioux, président du comité scientifique de la Maison de l’Histoire de France, pour qui : «Le président de la République est bien sûr libre, et il a même le devoir de valoriser sa conception de l’histoire nationale. Mais nous avons été nommément associés à une vision du passé national que nous ne partageons pas.» (Le Monde du 13-14/03/2011). En qualité de chanoine de Latran, Nicolas Sarkozy avait affirmé en 2007, que le «christianisme est dans notre ADN». Pour l’éditorialiste de Politis du 10 mars 2011, «ce mélange de génétique et de religion est antilaïque, et excluant. Idéologiquement, on ne peut pas faire plus extrême droite que cela.»

Que dit Jean-Marie Le Pen ? «La France stricto sensu est née à l’aube du Moyen-âge de l’union subtile du vieux fond indo-européen et du christianisme. «L’union subtile du vieux fond indo-européen et du christianisme» fait précisément allusion au baptême de Clovis. Un évènement auquel le Front national venait de consacrer un ouvrage de plus de 100 pages. (René MONZAT, les voleurs d’avenir- textuel).

Nicolas Sarkozy utilise le qualificatif ADN, alors que l’extrême droite en général et Jean-Marie Le Pen en particulier préfèrent le qualificatif «charnel», synonyme de  «biologique»,  «ethnique».

Nicolas Sarkozy et ses proches n’hésitent plus à exprimer leurs opinions d’extrême droite. Il ne s’agit plus de dérapages racistes. Chantal Brunel, député (UMP) de Seine-et-Marne, intervenant mardi 8 mars à l’Assemblée nationale, a estimé qu’il fallait «rassurer les Français sur toutes les migrations de populations qui viendraient de la Méditerranée ». «Après tout, remettons-les dans les bateaux. Marine Le Pen n’a aucune solution à proposer. Nous, on doit montrer qu’on a des solutions» (Le Monde du 10/03/2011).

Le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, a déclaré sur Europe 1, jeudi 17 mars, que les Français «ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux.» La veille, il souligné, dans Le Monde, qu’«ils veulent que la France reste la France.» (Le Monde du 19 mars 2011). «La France reste la France» est la version sarkozyste de «la France aux Français» lepéniste.

Pour stigmatiser leurs adversaires, le langage de charretier est souvent utilisé par les ténors du «collectif de la droite populaire». Christian Vanneste, dudit  collectif, a déclaré à propos de Sandrine Mazetier, députée socialiste de Paris, chargée des questions d’immigration au groupe socialiste à l’Assemblée nationale : «Quand vous entendez des gens comme Sandrine Mazetier, vous croyez vous rappeler la notion du parti de l’étrange». «Parti de l’étranger» est un qualificatif utilisé par Jean-Marie Le Pen pour stigmatiser ses adversaires.

Pour l’éditorialiste de Politis du 10 mars 2011 : «la droite «décomplexée» de Nicolas Sarkozy ressemble à s’y méprendre à ce qu’on nommait extrême droite il y a dix ans encore.»

Abderrahmane Dahmane, ancien «conseiller à l’intégration» à l’Elysée, dit la même chose. «L’UMP de Copé, c’est la peste pour les musulmans», comparant le patron du parti présidentiel à «une poignée de néonazis» (Le Monde du 13-14/03/2011). Vendredi 11 mars, Nicolas Sarkozy a mis un terme aux fonctions de son conseiller à l’intégration.

Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, Gérard Longuet- qui a participé à la rédaction du programme du Front national et de la charte du GUD- Brice Hortefeux, Eric Besson, Claude Guéant, Chantal Brunel, la trentaine de députés du «collectif de la droite populaire» de l’UMP, ouvertement racistes, ça fait un paquet à la tête de l’Etat. Peut-on encore qualifier cette «tête» de républicaine? La question mérite d’être posée.

mardi 28 février 2012

Une mise au point


Justice & Libertés

Comité de vigilance contre l’extrême droite et pour le respect de l’Etat de Droit
Une mise au point
STRASBOURG, le 10 mai 2011
Le collectif Justice et Libertés existe depuis 1996. Il a été créé par un grand nombre d’organisations politiques, syndicales et associatives, dans le but de dénoncer et empêcher la tenue du congrès du Front national à Strasbourg.
Actuellement, Justice et Libertés rassemble seize associations, cinq syndicats d’enseignants et trois partis politiques.
Justice et Libertés se définit comme «un lieu de rencontre et d’action commune des organisations et des citoyens qui entendent défendre la démocratie contre la montée des intolérances. A ce titre, sa vigilance s’exerce aussi bien contre le Front national que contre toutes les variantes de la famille politique qu’il représente» (la charte de Justice et Libertés).
Une constatation s’impose : «nous défendons la démocratie contre la montée des intolérances». Pour Justice et Libertés, il est clair que nous vivons dans une société démocratique installée depuis la dernière guerre mondiale, suite à l’application du programme du Conseil National de la Résistance (CNR), dont personne ne conteste le rôle historique. Notre société démocratique est attaquée par des courants d’extrême droite, mais aussi, en ce qui concerne la tolérance, les droits de l’homme, l’accès de tous aux services publics, par le pouvoir sarkozyste : c’est cela que Justice et Libertés combat.
A l’heure actuelle, la réalité c’est donc un déficit de démocratie dont la cause principale est le démantèlement systématique des acquis du CNR par la droite néolibérale, terreau de l’extrême droite.
Justice et Libertés travaille dans le cadre de la République française, respecte la Constitution, défend la démocratie, les acquis sociaux, l’Etat de Droit et la devise de la République : Liberté, Egalité, Fraternité.
Suite à l’affaiblissement des forces de progrès à l’échelle mondiale et nationale, l’intolérance gagne du terrain, surtout depuis 2007, date de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. C’est pourquoi, depuis 2007, notre collectif se bat pour le «respect de l’Etat de Droit», c’est-à-dire le respect de la hiérarchie des normes.
La Constitution établit les normes et contrôle leur application. Nous sommes attentifs à l’exigence de nouveaux droits et pensons que plus jamais un contrôle citoyen est nécessaire.
Pour nous, dans la pratique, le programme du CNR reste une référence. Les principaux points dudit programme sont :
- La liberté de la presse et son indépendance.
- L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des féodalités économiques et financières de la direction de l’économie.
- Le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés.
- Le droit au travail et au repos.
- La sécurité de l’emploi.
- Un plan complet de sécurité sociale.
- L’instruction pour tous.
«Ce programme, mis en application après la Libération, a subi, depuis lors, les assauts des milieux réactionnaires. Aujourd’hui même, ces derniers poursuivent une offensive tendant à mettre en cause les conquêtes les plus valables de la Libération.» C’est ce que nous avons écrit dans le bulletin n°6 du 6 juin 2004 !
La France n’est plus celle qu’elle était en 1945. Mai 1968 est passé par là, ainsi que d’innombrables luttes populaires. La libération des femmes, le droit à l’avortement, la suppression de la peine de mort, la démocratisation de l’instruction, le Pacs, la justice envers les homosexuels, etc., sont autant d’acquis sociaux qui sont à mettre au crédit des forces vives de la société. Pour Justice et Libertés, défendre les acquis sociaux est primordial.
La présence d’associations multiples et variées au sein de Justice et Libertés, pour défendre les acquis sociaux, prouve que décréter un programme progressiste ne suffit pas pour assurer son application et sa pérennité. La longévité de Justice et Libertés prouve également la nécessité de s’unir pour mieux défendre l’Etat de Droit et les acquis sociaux.
Le rassemblement des associations, syndicats et partis politique au sein de Justice et Libertés montre également que notre collectif n’est pas un parti politique, mais une «Union républicaine» face à la montée de l’extrême droite, de l’intolérance et des dangers qui menacent notre société démocratique.
Nos valeurs communes sont les suivantes : démocratie, citoyenneté, laïcité qui sont le fondement du vivre ensemble.
Notre collectif n’est pas sectaire, ne refuse pas la main tendue par les gens venus de divers horizons, souhaitant sincèrement faire un bout de chemin avec nous.