vendredi 25 mai 2012


Communiqué

Combattons le racisme et le climat  de haine !         


Strasbourg, le 25 mai 2012    


Dans  la  nuit  du  lundi 21 au  mardi 22 mai, des tags racistes et des croix gammées ont été découverts sur la façade d’un lieu de prière musulman à l’Elsau.

Justice & Libertés condamne vigoureusement ces actes abjects, et appelle tous les citoyens à se joindre au rassemblement organisé ce jour, vendredi 25 mai à 13h50, au bout de la rue de l’Unterelsau.

Le climat de haine et de division développé par la stigmatisation des immigrés et des Musulmans doit être fermement combattu !


                                                                                  Comité de Vigilance

lundi 7 mai 2012


    Editorial du bulletin n° 40-avril 2011
  




Jusqu’où ira
L’extrême droitisation de l’UMP?

  Manœuvres électoralistes ou lame de fond?

Les résultats des cantonales marquent l’échec cuisant des tentatives de Nicolas Sarkozy et de la fraction «collectif de la droite populaire», l’aile extrême droite de l’UMP, de vouloir banaliser le Front national et ses thématiques afin d’en faire un allié.

La banalisation des thématiques de l’extrême droite a commencé bien avant les présidentielles de 2007. Mais elle a pris une tournure radicale le 30 juillet 2011, lorsque Nicolas Sarkozy a désigné les Roms et les gens du voyage à la vindicte populaire. Le débat sur «l’identité nationale» ou autres provocations de ce genre n’ont pas réussi à diviser les Français dont le chômage est la première priorité (87%), devant l’insécurité (49%) (Le Monde du 04/01/2011).

Les cantonales 2011 montrent bien que l’électorat de droite- en se détournant de l’UMP- est conscient que la xénophobie et le racisme d’Etat ne sont pas la réponse à leurs problèmes économiques et sociaux. Pour Yazid Sabeg, membre de l’UMP et commissaire à la diversité et à l’égalité des chances : «aux questions de fond telles que l’emploi des jeunes, la lutte anti-ghetto ou l’accès équitable à l’éducation et à la formation se sont substitués des pseudo-débats centrés sur ce qui serait une confrontation de l’islam avec la laïcité. C’est comme si désormais la crise de nos sociétés ne pouvait s’expliquer qu’à travers la figure des musulmans» (Le Monde du 02 mars 2011).

Une autre preuve du désintérêt des Français pour les discours racistes. L’intense tapage médiatique autour de Marine Le Pen, n’a pas empêché la baisse du vote en faveur du Front national qui perd 100 000 voix par rapport à 2004. Même l’Elysée n’est pas satisfait des performances du FN. «Le FN n’a pas transformé l’essai» explique Franck Louvrier, conseiller en communication de l’Elysée (Le Monde du  29 mars 2011).

Après la déroute de l’UMP aux cantonales, les tensions se sont exacerbées entre les ténors de la droite. Pour Dominique de Villepin «La tentation du côté de l’UMP, ce serait de redessiner en quelques jours une France aux couleurs du FN, c’est évidemment absurde.» (DNA du 25 mars 2011).

En public, le torchon brûle entre François Fillon, premier ministre, et Jean-François Copé, patron de l’UMP, en danger d’implosion.

A entendre Claude Guéant, ministre de l’intérieur, tout indique que la machine de l’extrême droitisation de l’UMP s’est emballée. Politiquement, il serait dangereux de vouloir limiter les sorties racistes de Nicolas Sarkozy et de ses lieutenants à des manœuvres purement électoralistes. Ce sont de véritables convictions qui sortent de la bouche de Nicolas Sarkozy et de ses proches.

Que pense Nicolas Sarkozy de l’histoire de France? Le 4 mars, au Puy-en-Velay, Nicolas Sarkozy a insisté sur les racines chrétiennes de la France, citant le baptême de Clovis comme date de naissance de celle-ci. Ces propos, partagés par Jean-Marie Le Pen et le Front national, sont contestés par M. Rioux, président du comité scientifique de la Maison de l’Histoire de France, pour qui : «Le président de la République est bien sûr libre, et il a même le devoir de valoriser sa conception de l’histoire nationale. Mais nous avons été nommément associés à une vision du passé national que nous ne partageons pas.» (Le Monde du 13-14/03/2011). En qualité de chanoine de Latran, Nicolas Sarkozy avait affirmé en 2007, que le «christianisme est dans notre ADN». Pour l’éditorialiste de Politis du 10 mars 2011, «ce mélange de génétique et de religion est antilaïque, et excluant. Idéologiquement, on ne peut pas faire plus extrême droite que cela.»

Que dit Jean-Marie Le Pen ? «La France stricto sensu est née à l’aube du Moyen-âge de l’union subtile du vieux fond indo-européen et du christianisme. «L’union subtile du vieux fond indo-européen et du christianisme» fait précisément allusion au baptême de Clovis. Un évènement auquel le Front national venait de consacrer un ouvrage de plus de 100 pages. (René MONZAT, les voleurs d’avenir- textuel).

Nicolas Sarkozy utilise le qualificatif ADN, alors que l’extrême droite en général et Jean-Marie Le Pen en particulier préfèrent le qualificatif «charnel», synonyme de  «biologique»,  «ethnique».

Nicolas Sarkozy et ses proches n’hésitent plus à exprimer leurs opinions d’extrême droite. Il ne s’agit plus de dérapages racistes. Chantal Brunel, député (UMP) de Seine-et-Marne, intervenant mardi 8 mars à l’Assemblée nationale, a estimé qu’il fallait «rassurer les Français sur toutes les migrations de populations qui viendraient de la Méditerranée ». «Après tout, remettons-les dans les bateaux. Marine Le Pen n’a aucune solution à proposer. Nous, on doit montrer qu’on a des solutions» (Le Monde du 10/03/2011).

Le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, a déclaré sur Europe 1, jeudi 17 mars, que les Français «ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux.» La veille, il souligné, dans Le Monde, qu’«ils veulent que la France reste la France.» (Le Monde du 19 mars 2011). «La France reste la France» est la version sarkozyste de «la France aux Français» lepéniste.

Pour stigmatiser leurs adversaires, le langage de charretier est souvent utilisé par les ténors du «collectif de la droite populaire». Christian Vanneste, dudit  collectif, a déclaré à propos de Sandrine Mazetier, députée socialiste de Paris, chargée des questions d’immigration au groupe socialiste à l’Assemblée nationale : «Quand vous entendez des gens comme Sandrine Mazetier, vous croyez vous rappeler la notion du parti de l’étrange». «Parti de l’étranger» est un qualificatif utilisé par Jean-Marie Le Pen pour stigmatiser ses adversaires.

Pour l’éditorialiste de Politis du 10 mars 2011 : «la droite «décomplexée» de Nicolas Sarkozy ressemble à s’y méprendre à ce qu’on nommait extrême droite il y a dix ans encore.»

Abderrahmane Dahmane, ancien «conseiller à l’intégration» à l’Elysée, dit la même chose. «L’UMP de Copé, c’est la peste pour les musulmans», comparant le patron du parti présidentiel à «une poignée de néonazis» (Le Monde du 13-14/03/2011). Vendredi 11 mars, Nicolas Sarkozy a mis un terme aux fonctions de son conseiller à l’intégration.

Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé, Gérard Longuet- qui a participé à la rédaction du programme du Front national et de la charte du GUD- Brice Hortefeux, Eric Besson, Claude Guéant, Chantal Brunel, la trentaine de députés du «collectif de la droite populaire» de l’UMP, ouvertement racistes, ça fait un paquet à la tête de l’Etat. Peut-on encore qualifier cette «tête» de républicaine? La question mérite d’être posée.

samedi 31 mars 2012


Justice & Libertés


Comité de vigilance contre l’extrême droite et pour le respect de l’Etat de Droit


STRASBOURG, le 14 mars 2012

Lettre ouverte à la direction de la FNAC

Halte à la banalisation de l’antisémitisme et de l’extrême droite

Madame la Directrice,

Vous avez décidé de vendre des places pour le concert de l’humoriste Dieudonné au Zénith de Strasbourg. Le connaissez-vous ?

Voici le récit d’Abel Mestre et de Caroline Monnot, journalistes du quotidien Le Monde, qui connaissent bien Dieudonné.

«Le 26 décembre [2008], il [Dieudonné] avait invité sur la scène du Zénith de Paris le négationniste Robert Faurisson pour lui faire remettre un «Prix de l’infréquentabilité et de l’insolence» par son régisseur Jacky, vêtu d’un pyjama rayé de déporté et arborant une étoile jaune. (…) Le 29 janvier, le spectacle est surtout parmi le public. Tout le gratin négationniste s’est donné rendez-vous, à l’initiative de Robert Faurisson. Le garde du corps personnel de Dieudonné veille à la sécurité de M. Faurisson. Ses voisins dans la salle sont Serge Thion et Pierre Guillaume, les principaux animateurs du site Internet négationniste Aaargh (Association des anciens amateurs de récits de guerres et d’holocaustes), domicilié à l’étranger et sous le coup d’une interdiction d’accès en France.

Outre les négationnistes, plusieurs courants de l’extrême droite radicale, qui ont tous en commun un antisémitisme virulent, ont leurs représentants. Il y là Charles-Alban Schepens, l’un des dirigeants du Renouveau français, un groupuscule «catholique, nationaliste et contre-révolutionnaire» qui se réclame, entre autres de Charles Maurras, du Maréchal Pétain et des phalanges espagnoles.

On remarque aussi des membres du courant «nationaliste révolutionnaire», qui combine idéologie fasciste et anti-impérialiste, ainsi que le patron d’une boutique parisienne réputée dans les milieux skinheads» (Le Monde du 25 février 2009).

La liste des liaisons dangereuses de Dieudonné est longue. Nous vous rappelons qu’un des enfants de Dieudonné a été parrainé par Jean-Marie Le Pen que vous devriez bien connaître.

Son spectacle est celui d’un humoriste qui assume ouvertement qu’il est négationniste, antisémite et d’extrême droite : il ne fait pas rire !

Nous souhaitons que ces informations vous permettent en toute connaissance de cause de renoncer au spectacle de Dieudonné.

Pour votre information, cette lettre sera diffusée sur internet à l’échelle nationale et des diffusions sont programmées devant la Maison Rouge à Strasbourg, en cas de poursuite de la vente de billets pour ce spectacle.

mardi 28 février 2012


Justice & Libertés


Comité de vigilance contre l’extrême droite et pour le respect de l’Etat de Droit

justiceetlibertes2@gmail.com

http://collectifjusticeetlibertes.blogspot.com

Une mise au point

STRASBOURG, le 10 mai 2011

Le collectif Justice et Libertés existe depuis 1996. Il a été créé par un grand nombre d’organisations politiques, syndicales et associatives, dans le but de dénoncer et empêcher la tenue du congrès du Front national à Strasbourg.

Actuellement, Justice et Libertés rassemble seize associations, cinq syndicats d’enseignants et trois partis politiques.

Justice et Libertés se définit comme «un lieu de rencontre et d’action commune des organisations et des citoyens qui entendent défendre la démocratie contre la montée des intolérances. A ce titre, sa vigilance s’exerce aussi bien contre le Front national que contre toutes les variantes de la famille politique qu’il représente» (la charte de Justice et Libertés).

Une constatation s’impose : «nous défendons la démocratie contre la montée des intolérances». Pour Justice et Libertés, il est clair que nous vivons dans une société démocratique installée depuis la dernière guerre mondiale, suite à l’application du programme du Conseil National de la Résistance (CNR), dont personne ne conteste le rôle historique. Notre société démocratique est attaquée par des courants d’extrême droite, mais aussi, en ce qui concerne la tolérance, les droits de l’homme, l’accès de tous aux services publics, par le pouvoir sarkozyste : c’est cela que Justice et Libertés combat.

A l’heure actuelle, la réalité c’est donc un déficit de démocratie dont la cause principale est le démantèlement systématique des acquis du CNR par la droite néolibérale, terreau de l’extrême droite.

Justice et Libertés travaille dans le cadre de la République française, respecte la Constitution, défend la démocratie, les acquis sociaux, l’Etat de Droit et la devise de la République : Liberté, Egalité, Fraternité.

Suite à l’affaiblissement des forces de progrès à l’échelle mondiale et nationale, l’intolérance gagne du terrain, surtout depuis 2007, date de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. C’est pourquoi, depuis 2007, notre collectif se bat pour le «respect de l’Etat de Droit», c’est-à-dire le respect de la hiérarchie des normes.

La Constitution établit les normes et contrôle leur application. Nous sommes attentifs à l’exigence de nouveaux droits et pensons que plus jamais un contrôle citoyen est nécessaire.

Pour nous, dans la pratique, le programme du CNR reste une référence. Les principaux points dudit programme sont :

- La liberté de la presse et son indépendance.

- L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des féodalités économiques et financières de la direction de l’économie.

- Le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés.

- Le droit au travail et au repos.

- La sécurité de l’emploi.

- Un plan complet de sécurité sociale.

- L’instruction pour tous.

«Ce programme, mis en application après la Libération, a subi, depuis lors, les assauts des milieux réactionnaires. Aujourd’hui même, ces derniers poursuivent une offensive tendant à mettre en cause les conquêtes les plus valables de la Libération.» C’est ce que nous avons écrit dans le bulletin n°6 du 6 juin 2004 !

La France n’est plus celle qu’elle était en 1945. Mai 1968 est passé par là, ainsi que d’innombrables luttes populaires. La libération des femmes, le droit à l’avortement, la suppression de la peine de mort, la démocratisation de l’instruction, le Pacs, la justice envers les homosexuels, etc., sont autant d’acquis sociaux qui sont à mettre au crédit des forces vives de la société. Pour Justice et Libertés, défendre les acquis sociaux est primordial.

La présence d’associations multiples et variées au sein de Justice et Libertés, pour défendre les acquis sociaux, prouve que décréter un programme progressiste ne suffit pas pour assurer son application et sa pérennité. La longévité de Justice et Libertés prouve également la nécessité de s’unir pour mieux défendre l’Etat de Droit et les acquis sociaux.

Le rassemblement des associations, syndicats et partis politique au sein de Justice et Libertés montre également que notre collectif n’est pas un parti politique, mais une «Union républicaine» face à la montée de l’extrême droite, de l’intolérance et des dangers qui menacent notre société démocratique.

Nos valeurs communes sont les suivantes : démocratie, citoyenneté, laïcité qui sont le fondement du vivre ensemble.

Notre collectif n’est pas sectaire, ne refuse pas la main tendue par les gens venus de divers horizons, souhaitant sincèrement faire un bout de chemin avec nous.

jeudi 1 décembre 2011


Justice & Libertés

Comité de vigilance contre l’extrême droite

et pour le respect de l’Etat de Droit

justiceetlibertes2@gmail.com

http://collectifjusticeetlibertes.blogspot.com

Communiqué

Strasbourg, le 30 novembre 2011

La haine et la peur de l’étranger :

Diversion permanente de l’UMP et de l’extrême droite

Suite à la montée du chômage et au développement de la crise économique qui frappe la France et l’Union européenne, une fois encore, l’étranger devient la cible et le bouc émissaire du ministre de l’intérieur. Son objectif est de dévier l’attention des problèmes de la société que le pouvoir est incapable de résoudre.

Les mauvais choix fiscaux du pouvoir ont conduit à une situation catastrophique: la suppression de la taxe professionnelle (26 milliards d’euros), le paquet fiscal et autres cadeaux offerts aux entreprises du CAC 40 et aux foyers les plus riches ont privé l’Etat de 75 milliards d’euros de recettes fiscales. Depuis, les caisses de l’Etat sont vides et la rigueur budgétaire limite les rentrées fiscales. Le chômage augmente sans cesse depuis 2007, date d’accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. La France est officiellement en récession.

Quelles est donc la responsabilité de l’étranger dans les mauvais choix fiscaux du président dont l’objectif est d’augmenter le pouvoir d’achat des riches? Suite à la casse du service public et aux délocalisations à tout va, maintenant, tous les secteurs du pays «font beaucoup plus avec beaucoup moins».

La crise des années 1930 a livré les Juifs à la vindicte populaire dans toute l’Europe. Sommes-nous en train de revivre le même scénario avec l’étranger et, en l’occurrence, avec l’islam et l’«islamiste» donc «intégriste», soi-disant réticent à l’«intégration», donc bon à fustiger et à bannir?

Dans la bouche de l’UMP et de l’extrême droite les notions de laïcité et d’intégration, qui font partie des valeurs intangibles de la République, ont été dévoyées de leur sens pour servir à dénoncer et à dénigrer certaines communautés.

Gare à ces dérives permanentes. Gare à la diffusion de la haine et de la chasse à l’homme.
Justice & Libertés reste plus que jamais vigilant à ces dérives de type fasciste et n’hésitera pas à appeler les citoyens à réagir vivement aux dangers qui guettent la société et sa cohésion.

Comité de vigilance