mardi 20 février 2018

Communiqué : Non à la loi "Asile et Immigration". Appel national à manifester le 17 mars 2018

Les exilé·e·s occupent Paris 8 à Saint Denis

Le bâtiment A de l'université Paris 8 à Saint Denis est occupé depuis le
mardi 30 janvier 2018 par des personnes exilé·e·s et leurs soutiens.

Nous avons pris possession du bâtiment A. Notre occupation s'inscrit
dans le mouvement général de protestation contre les politiques
migratoires européennes indignes et dans la continuité des occupations
d'universités à Grenoble, Lyon, Nantes et dans d'autres villes.

Migrant·e·s, associations et particulier·ère·s s'élèvent et se
mobilisent aujourd'hui plus que jamais, contre le traitement désastreux
réservé aux personnes migrants vers l'Europe.

A titre d'exemple et dans notre situation, il est bon de rappeler qu'une
assemblée générale de 80 professeurs et personnels du département de
philosophie a voté à l'unanimité le soutien à l'initiative d'occupation
des exilé.e.s et de leurs soutiens de l'université Paris 8.

De l'enfer de la Libye aux conditions "d'accueil" aux frontières de
Schengen ; des dizaines de milliers de noyé·e·s dans la Méditerrannée,
au harcèlement policier à Porte de la Chapelle et à la Villette ; de la
répression bureaucratique menée par l'OFPRA et l'OFII au "délit de
solidarité" dont on accuse les soutiens militants : la politique
migratoire européenne continue de s'illustrer par son racisme et son
inhumanité. Le règlement de Dublin est responsable de l'expulsion des
exilé·e·s vers les périphéries de l'Europe et contraint ces mêmes
personnes à dormir dans la rue et à subir le froid et le harcèlement des
forces de l'ordre. Parmi eux·elles, beaucoup de mineur·e·s. Pour les
dubliné·e·s comme pour beaucoup de demandeur.euses.s d'asile et de
sans-papiers, l'incertitude administrative et matérielle est la source
d'une profonde détresse psychologique alors qu'ielles sortent d'un
voyage éprouvant. 

Dans les prochains mois, le gouvernement français va faire voter la loi
"Asile et Immigration". Sous couvert d'améliorer l'accueil d'une faible
proportion de personnes obtenant l'asile, cette loi condamne encore la
majorité des exilé·e·s à la déportation, à l'enfermement ou à la
clandestinité.

Dans un même temps, le pouvoir exécutif organise la répression et les
expulsions jusque dans les centres d'accueil et d'hébergement
(circulaire Collomb et règlement de Dublin) poussant les exilé·e·s à
dormir dans la rue plutôt que dans ces lieux.

Les personnes exilé·e·s participant à l'occupation en ont fait
l'expérience. Nous condamnons ces choix politiques. Nous voulons :

- La fin immédiate du règlement de Dublin

- La fin de la distinction entre "migrants économiques" et "réfugiés
politiques", pour en finir avec une politique qui trie les "bon·ne·s" et
les "mauvais.es" migrant·e·s

- Des papiers pour tous.tes

- La liberté de circulation et d'installation pour tous.tes

- Le droit au logement, à l'éducation et à la formation

- Et enfin, des excuses publiques pour les milliers de vies détruites.

Nous vous appelons à nous rejoindre et à nous soutenir sur le lieu
d'occupation (matériellement, financièrement et physiquement) et à
participer avec nous à la marche des solidarités, le 17 mars, partout en
France. Nous rejoignons l'appel de Lyon et de Nantes. L'Université doit
être un lieu politique et ouvert à tous.tes. Contre l'Université
élitiste et sélective que nous promet le projet de loi du gouvernement,
nous défendons une Université libre et collective : un lieu de
résistance en écho aux lieux occupés.

Nous appelons à occuper les universités et tout autre lieu, partout où
vous le pouvez.

Les occupant·e·s du bâtiment A & le Comité de Soutien aux Occupant·e·s
Mardi 30 Janvier 2018, Saint-Denis

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