mardi 28 février 2012

Une mise au point


Justice & Libertés

Comité de vigilance contre l’extrême droite et pour le respect de l’Etat de Droit
Une mise au point
STRASBOURG, le 10 mai 2011
Le collectif Justice et Libertés existe depuis 1996. Il a été créé par un grand nombre d’organisations politiques, syndicales et associatives, dans le but de dénoncer et empêcher la tenue du congrès du Front national à Strasbourg.
Actuellement, Justice et Libertés rassemble seize associations, cinq syndicats d’enseignants et trois partis politiques.
Justice et Libertés se définit comme «un lieu de rencontre et d’action commune des organisations et des citoyens qui entendent défendre la démocratie contre la montée des intolérances. A ce titre, sa vigilance s’exerce aussi bien contre le Front national que contre toutes les variantes de la famille politique qu’il représente» (la charte de Justice et Libertés).
Une constatation s’impose : «nous défendons la démocratie contre la montée des intolérances». Pour Justice et Libertés, il est clair que nous vivons dans une société démocratique installée depuis la dernière guerre mondiale, suite à l’application du programme du Conseil National de la Résistance (CNR), dont personne ne conteste le rôle historique. Notre société démocratique est attaquée par des courants d’extrême droite, mais aussi, en ce qui concerne la tolérance, les droits de l’homme, l’accès de tous aux services publics, par le pouvoir sarkozyste : c’est cela que Justice et Libertés combat.
A l’heure actuelle, la réalité c’est donc un déficit de démocratie dont la cause principale est le démantèlement systématique des acquis du CNR par la droite néolibérale, terreau de l’extrême droite.
Justice et Libertés travaille dans le cadre de la République française, respecte la Constitution, défend la démocratie, les acquis sociaux, l’Etat de Droit et la devise de la République : Liberté, Egalité, Fraternité.
Suite à l’affaiblissement des forces de progrès à l’échelle mondiale et nationale, l’intolérance gagne du terrain, surtout depuis 2007, date de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. C’est pourquoi, depuis 2007, notre collectif se bat pour le «respect de l’Etat de Droit», c’est-à-dire le respect de la hiérarchie des normes.
La Constitution établit les normes et contrôle leur application. Nous sommes attentifs à l’exigence de nouveaux droits et pensons que plus jamais un contrôle citoyen est nécessaire.
Pour nous, dans la pratique, le programme du CNR reste une référence. Les principaux points dudit programme sont :
- La liberté de la presse et son indépendance.
- L’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des féodalités économiques et financières de la direction de l’économie.
- Le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés.
- Le droit au travail et au repos.
- La sécurité de l’emploi.
- Un plan complet de sécurité sociale.
- L’instruction pour tous.
«Ce programme, mis en application après la Libération, a subi, depuis lors, les assauts des milieux réactionnaires. Aujourd’hui même, ces derniers poursuivent une offensive tendant à mettre en cause les conquêtes les plus valables de la Libération.» C’est ce que nous avons écrit dans le bulletin n°6 du 6 juin 2004 !
La France n’est plus celle qu’elle était en 1945. Mai 1968 est passé par là, ainsi que d’innombrables luttes populaires. La libération des femmes, le droit à l’avortement, la suppression de la peine de mort, la démocratisation de l’instruction, le Pacs, la justice envers les homosexuels, etc., sont autant d’acquis sociaux qui sont à mettre au crédit des forces vives de la société. Pour Justice et Libertés, défendre les acquis sociaux est primordial.
La présence d’associations multiples et variées au sein de Justice et Libertés, pour défendre les acquis sociaux, prouve que décréter un programme progressiste ne suffit pas pour assurer son application et sa pérennité. La longévité de Justice et Libertés prouve également la nécessité de s’unir pour mieux défendre l’Etat de Droit et les acquis sociaux.
Le rassemblement des associations, syndicats et partis politique au sein de Justice et Libertés montre également que notre collectif n’est pas un parti politique, mais une «Union républicaine» face à la montée de l’extrême droite, de l’intolérance et des dangers qui menacent notre société démocratique.
Nos valeurs communes sont les suivantes : démocratie, citoyenneté, laïcité qui sont le fondement du vivre ensemble.
Notre collectif n’est pas sectaire, ne refuse pas la main tendue par les gens venus de divers horizons, souhaitant sincèrement faire un bout de chemin avec nous.